Israël Dov naquit à Tibériade, au mois de Kislev, dans une famille de 'hassidim de Karline, pauvre mais pleine de foi. Dès sa jeunesse, un feu brûlait en lui : le désir ardent de se rapprocher d'Hachem. Après sa Bar Mitsva, il fréquenta le saint Rabbi Motel de Slonim et les anciens 'hassidim de Tibériade, connus pour leur ferveur et leur simplicité.
Un jour, près des poubelles de la yéchiva, il ramassa un livre sans couverture qu'il s'apprêtait à mettre à la guéniza : c'était la Hichtapkhout Hanéfech, « L'épanchement de l'âme ». Ce fut une révélation. Il y trouva la voie de la proximité d'Hachem qu'il cherchait depuis toujours, et se mit aussitôt à pratiquer l'hitbodédout sur les collines qui dominent le lac. On lui arracha le livre et on lui ordonna de s'éloigner des écrits de Breslev, mais il le savait déjà par cœur.
Dans sa douleur, il pria pour rencontrer les disciples du Tsadik. Et la Providence lui envoya Rabbi Israël Kardouner, le juste caché de Méron. Entre eux se noua aussitôt un lien que rien ne put défaire. Rabbi Israël Kardouner écrivit à son sujet :
« Béni soit Hachem, qui a élargi mes limites et m'a envoyé un jeune homme fidèle, Israël Dov, qui me sert comme un fils aimant son père… »
Ce choix lui valut l'hostilité de tout son entourage, mais il resta ferme : « Se rapprocher véritablement de Rabbi Na'hman est plus difficile que le sacrifice d'Its'hak. »
Le 23 Tamouz 5682 (1922), à Tibériade, au sortir d'une semaine de jeûne et de profond désespoir, Saba reçut de manière miraculeuse une lettre de Rabénou : le Petek. Cette lettre de réconfort porte la signature de Rabénou sous une forme entièrement nouvelle :
Na Na'h Na'hma Na'hman Meouman
Pendant plus de soixante ans, il garda ce secret et poursuivit son service dans l'ombre : hitbodédout, lever à 'Hatsot chaque nuit, prière, étude et joie.
Après le départ de son maître, le 9 'Hechvan 5679 (1918), Saba se joignit aux 'hassidim de Breslev de Jérusalem : Rabbi Naftali Cohen, Rabbi Chlomo Wexler, Rabbi Guedalia Berger, Rabbi Nathan Beitelmacher et Rabbi Chmouel Horowitz.
Toute sa vie, il se dévoua à la diffusion des livres de Rabénou, économisant sur son propre pain pour financer leur impression, et voyageant jusqu'à l'étranger pour accomplir cette mission. À près de 95 ans, il commença à parler du Petek ; des milliers de Juifs découvrirent Rabénou grâce à lui. Avant de quitter ce monde, il confia la caisse de diffusion des livres à son petit-fils, Rabbi Amram Horowitz.
En septembre 1994, malgré la souffrance, il prit l'avion pour passer Roch Hachana à Ouman. Le deuxième soir, dans la grande synagogue, il entonna « Na Na'h Na'hma Na'hman Meouman », repris par des centaines de voix.
Saba détestait toute forme de culte de la personnalité. Il répétait :
« Je ne suis qu'un homme. Le Tsadik, c'est Rabbi Na'hman. Nous ne sommes que des élèves, des élèves qui font d'autres élèves. »
Ceux qui l'ont connu témoignent qu'il parlait de Rabénou avec un tel amour, une telle nostalgie, qu'on sentait littéralement la présence du Tsadik. Chaque mot était vécu, et non appris. Il priait sans cesse pour que chaque Juif ait au moins un Likouté Moharan et un Likouté Téfilot, et il donna tout, son temps, ses forces, son argent, sa santé, pour que le monde sache qu'il existe un Médecin divin, qui guérit et ranime les âmes.
Il quitta ce monde le 18 'Hechvan 5755 (23 octobre 1994) et repose à Jérusalem, au cimetière de Har Haménou'hot (Guivat Chaoul).
Que le mérite du Tsadik nous protège et nous inspire, et qu'il éclaire nos cœurs de la foi simple et de la joie pure de la Hassidout Breslev.








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